Category: Boutique Kindle,Ebooks Kindle,Actu, Politique et Société

Théroigne de Méricourt : Une femme mélancolique sous la Révolution Details

Née paysanne en 1762 dans l'Ardenne belge, Théroigne est l'une des plus belles figures de la Révolution : demi-mondaine entretenue par un marquis jaloux à la veille de l'ouverture des États- Généraux, elle se construit, à la faveur du combat pour la liberté, une identité nouvelle, ouvre un salon à Paris et fonde une société patriotique. La presse royaliste fait d'elle alors une libertine sadienne, que l'on accuse d'espionnage. En 1792, au sommet de sa gloire, elle réclame la levée de « bataillons d'amazones » pour combattre les monarchies aux frontières. En pleine Terreur, le délire s'empare d'elle : la folie la sauvera de la guillotine. Internée jusqu'à sa mort en 1817, elle deviendra pour la médecine un grand cas de mélancolie, tandis que Baudelaire, Michelet et plus tard Sarah Bernhardt chanteront sa légende.Cette première grande biographie critique de l'une des pionnières du féminisme, fondée sur des sources inédites, fut l'un des succès des commémorations du Bicentenaire de la Révolution française.Nouvelle édition, avec une préface et une postface inédites.

Reviews

Une très intéressante biographie d'une femme sous la Révolution française. Pourtant, Theroigne était Belge, elle s'appelait Anne Josèphe Terwagne, et a été affublée plus tard de ce nom de comédie.Beaucoup de choses fausses ont été dites à son sujet, de son vivant et après, notamment que c' était une femme de mauvaise vie et une espèce de monstre de sauvagerie. ?lisabeth Roudinesco rétablit la vérité, effectivement à une époque de sa vie, Theroigne a été une femme entretenue, et une cantatrice ratée. ?prise de liberté et de la cause féministe, elle a trouvé sa vocation dans la révolution, où elle s'est jetée à corps perdu.Mais c'était avant tout une cérébrale, qui vivait chastement et avait horreur de la foule. Il n'empêche qu'elle a été cruellement moquée, souvent de façon orduriere, dans la presse.Hostile aux '' enragés '', elle souhaitait en revenir à l'union de chaque parti.Pour cela, elle a été prise à part par un groupe de tricoteuses de guillotine, déshabillée et fouettée en public. Sa raison fragile n'y a pas résiste, et elle a terminé sa vie de façon atroce, lamentable, à l'asile d'alienes de la Salpetriere. Quand on sait ce qu'étaient les asiles à l'époque, c'est un sort affreux. La deuxième partie du livre '' histoire de l'histoire '' est plus difficile à lire, c'est l'histoire de la folie considérée de cette époque à nos jours, et s'adressera mieux à des spécialistes, à même de comprendre des termes savants. C'est aussi l'histoire des auteurs qui ont parlé de Theroigne pendant 2 siècles. Leurs différents écrits en disent plus long sur leurs auteurs que sur Theroigne.II faut admirer ces féministes de la 1ère heure, qui comprenaient bien que la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, ne s'adressait qu'à la moitié masculine de la population. Leurs revendications ont été grossièrement insultée, ridiculisees. Il fallait un solide sens de l'humour, comme Olympe de Gouges, qui savait mettre les rieurs de son côté.Theroigne était trop froide, n'y parvenant pas, elle niait sa féminité comme une humiliation.De même, il paraît sur qu'elle a incité la foule au massacre d'un certain Suleau, un grossier chroniqueur qui s'acharnait sur elle sans la connaître. Là encore, elle n'a pas su se hisser jusqu' au mépris hautain qui aurait consisté à pardonner.C'est une personne courageuse, mais qui n'a pas réussi à trouver sa place dans cette époque tourmentée, qui n'a même pas eu la chance de mourir en martyre.